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Disten
Compagnon(ne) tisserand(e)
Hors ligneAge: 25 révolutions
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« Répondre #16 le: 31 Août 2010, 22:56:50 » |
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Son cousin pouvait bien protester, il n’était pas question que Disten laisse sa chemise en tas par terre. Elle n’était peut-être plus neuve, elle était peut-être moins belle que celle qu’il venait d’offrir au chevalier-vert, mais ce n’était pas une raison. Il y avait des choses qui ne se faisaient pas, un point c’était tout, et laisser un morceau de tissu en vrac en faisait partie. Il risquait d’être tout froissé, voire même sale ! Et puis, plier correctement la chemise d’Al’ric ne permettait pas seulement au tisserand de lui éviter un sort terrible, ça lui occupait également les mains le temps que son cousin termine son essayage. Il était impatient de voir ce que son ouvrage donnait sur la personne à laquelle il était destiné, mais il devait tout de même donner le temps à l’adolescent de l’enfiler et de l’ajuster à sa guise… même s’il se désintéressa de la chemise pliée à la seconde où Al’ric lui demanda son avis sur celle qu’il portait.
Son inspection du chevalier-vert lui plut, même s’il devait convenir qu’il avait vu un peu juste et que son pauvre cousin risquait de ne pas profiter de son cadeau d’anniversaire très longtemps, avant de l’envoyer rejoindre le coin des vêtements trop petits. Il aurait dû se douter, pourtant, que son cousin était en pleine croissance et qu’il devait voir plus grand, songea Disten, légèrement contrarié par son erreur. En plus, s’il n’avait pas oublié la date de naissance d’Al’ric, celui-ci aurait disposé d’une période supplémentaire pour user sa tunique. Il était sûr d’avoir noté les dates importantes quelque part, pourtant, sur un bout de parchemin… qu’il avait certainement égaré depuis dans un coin de son Atelier. Avec un soupir résigné, le compagnon tisserand abandonna ses considérations inutiles sur les affaires qu’il semait un peu partout et finissait par oublier – c’était une cause perdue, de toute manière, comme l’espoir qu’il réussirait à connaître le dédale des Cavernes Inférieures avant la fin de la révolution – et revint à son cousin et à la question qu’il lui posait.
« J’ai peur que ce ne soit pas pour tout de suite, tu sais, répondit-il, avec un sourire amusé. Y a des chances pour que tu gagnes encore quelques centimètres, vue la taille des autres membres de la famille. »
Son sourire se transforma brièvement en grimace, comme chaque fois qu’il mentionnait sa famille et que cela l’amenait à penser à son père et à ses frères aînés si grands, si forts, si virils et si bons miniers, mais revint vite jouer sur ses lèvres quand Al’ric détailla son reflet dans le miroir et lui assura que la chemise lui plaisait. Disten était méfiant de nature, ne faisait confiance qu’à une poignée de personne sur Pern – dont la majorité se trouvait à Taffarel – et avait une fâcheuse tendance à décortiquer toutes les paroles de ses interlocuteurs pour vérifier qu’elles ne renfermaient pas un sens caché et déplaisant, mais il en était bien loin pour le moment. Il avait vite compris que son cousin était incapable de cacher quelque chose et son visage exprimait si clairement la joie qu’il ressentait qu’il ne voyait aucune raison de mettre son affirmation en doute.
« Pas de soucis, acquiesça le jeune homme, en hochant légèrement la tête, ne la fais pas attendre plus longtemps. »
Disten se détourna de la porte pour jeter un coup d’œil à la table, avant de reporter son regard sur son ouvrage presque terminé… et de pivoter vers son cousin qui venait de réapparaître en lui intimant de continuer à manger, aussitôt appuyer par un pépiement péremptoire de Sillinath. Un sourire franchement amusé ourla les lèvres du compagnon tisserand qui décida, une fois n’est pas coutume, d’obéir au chevalier-vert et au lézard bleu. Il s’assit donc sur le tabouret qu’il avait quitté quelques instants plus tôt et commença par accéder aux désirs de ses deux sacs à main volants qui ne cessaient de pépier d’un air particulièrement malheureux – surtout Andalith, en fait. Il découpa deux brochettes de viandes pour les deux bestioles, avant d’attraper une part de tourte et de mordre dedans à belles dents.
Tandis qu’il mâchait consciencieusement son repas, Disten laissa errer son regard sur la pièce autour de lui, comme s’il cherchait les différents tissus à sa disposition pouvant convenir aux chemises qu’il voulait coudre pour Al’ric. Plongé dans ses réflexions sur le nombre de tuniques nécessaires, les tissus, couleurs et coupes qu’il leur fallait, le compagnon tisserand laissa lentement retomber sa main tenant la part de touret à côté de son assiette, alors qu’il posait son menton sur son autre paume, soutenue par le coude posé sur la table et les yeux dans le vague.
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